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ELECTIONS CHAMBRE D'AGRICULTURE
10.12.2018

Lancement de campagne : vingt candidates et candidats pour l'agriculture paysanne en Touraine !

10.12.2018 -
Mi-décembre, la Confédération paysanne de Touraine a lancé sa campagne électorale : présentation de ses candidat·es et des points clés de son programme.

 

La Confédération paysanne de Touraine a présenté lundi 10 décembre sa liste de candidature aux élections Chambre d'agriculture de janvier pour le collège 1 (collège des paysan·nes en activité).

Ces élections Chambre d'agriculture ont un double enjeu : par leur vote, les « acteurs du monde agricole »* vont décider qui sera aux manettes de la Chambre d'agriculture du département, mais aussi donner du poids aux différents syndicats pour peser sur les politiques agricoles locales, nationales et européennes dans les six années à venir.

 

Une liste de candidates et candidats qui reflète la diversité agricole

Sur la liste de la Confédération paysanne de Touraine pour le collège 1 :
- des personnes de 32 à 64 ans, certaines récemment installées et d'autres en plein travail sur la transmission de leur ferme,
- une parité presque parfaite, avec neuf femmes et onze hommes,
- un grand nombre de productions représentées : élevage de bovins, caprins, ovins, porcs, volailles,
maraîchage, apiculture, grandes cultures, paysan-boulanger, viticulture.
- des systèmes différents de production (conventionnel ou labellisé agriculture biologique) et de
commercialisation (en circuit court ou long ou encore mixte).

Toutes et tous partagent le projet d'agriculture paysanne : relocalisation de la production, création de valeur ajoutée, revenu paysan digne de ce nom et accompagnement à l'évolution des pratiques agricoles pour répondre aux enjeux climatiques, environnementaux et sociétaux.

1. Temanuata GIRARD, éleveuse caprins/bovins à Luynes
2. Frédéric GERVAIS, éleveur bovins lait à Vou
3. Sandra REZEAU, viticultrice à Limeray
4. Dominique GIBON, éleveur bovins lait au Louroux
5. Marie-Laure DUVEAU, maraîchère à Lignière-de-Touraine
6. Cyrille DERIEUX, céréalier à Rouziers-de-Touraine
7. Lucie THIERIOT, maraîchère à Dolus-le-Sec
8. Romain HENRY, apiculteur à Lémeré
9. Catherine JOUBERT, éleveuse caprins lait à Betz-le-Château
10. Grégoire COUTANT, éleveur bovins viande à Descartes
11. Paola SASSIER, maraîchère à Luzillé
12. Jean-Bapiste JAMIN, paysan-boulanger à Loches
13. Marie-Claire PINEAU, éleveuse poules pondeuses à Manthelan
14. Florent BLANCHET, éleveur porcs et ovins à Betz-le-Château
15. Agnès DEVIJVER, céréalière et safran à Chaveignes
16. Pascal GAILLARD, maraîcher à La Riche
17. Véronique JAROSSAY, éleveuse caprins lait à Bournan
18. Vincent PINON, bovins viande, céréales à Vernou-sur-Brenne
19. Pascal BRUNET, viticulteur à Panzoult
20. Vincent PELTIER, éleveur caprins lait à Bossay-sur-Claise

 

Pour une agriculture plus paysanne demain

Pendant cette campagne, la Confédération paysanne mettra sur le devant de la scène l'agriculture paysanne et défendra en particulier un revenu digne pour les paysan·nes, l'accès au foncier pour des fermes nombreuses et la transition de l'agriculture.

Les constats de la Confédération paysanne de Touraine :

Depuis les dernières élections de janvier 2013, le bilan agricole est toujours aussi inquiétant : disparition accélérée des fermes, avec pour corollaire leur spécialisation et l'agrandissement excessif de certaines, échec du renouvellement des générations agricoles, baisse considérable du revenu des paysans, incapacité à trouver des solutions pour atténuer les chocs liés aux fluctuations des cours des matières premières agricoles et énergétiques.

Les chiffres en attestent. Depuis les élections en 2013, nous avons perdu plus de 13 % de votants sur les listes Chefs d'exploitation et assimilés en Indre-et-Loire, soit 13 % de nos collègues en seulement six ans. Sur l'ensemble du territoire régional plus de 30 % des exploitations ont disparu depuis 2000, soit 1,5 fermes par jour. En parallèle, la taille des exploitations continue d'augmenter et les grandes exploitations, avec une surface moyenne de 154 ha, utilisent aujourd'hui les ¾ de la surface agricole de la région.

Les critères d'accès au foncier et à la profession sont devenus de plus en plus difficiles, notamment à cause du prix des terres qui a augmenté de 25 % dans la région ces dix dernières années et du niveau élevé de capitalisation des fermes, alors même qu'en 2010 plus de 57% des agriculteurs avaient plus de 50 ans.

De plus, les politiques agricoles actuelles, tant à l'échelle européenne que nationale ou régionale, ne répondent pas aux défis environnementaux, alimentaires et sociaux et sont insuffisantes pour initier une véritable transition agricole. L'absence d'outils de maîtrise et de régulation de la production empêche de garantir un revenu décent aux agriculteur.trice.s et la distribution inégale des aides publiques européennes, comme les aides à l'hectare, favorise la restructuration et donc l'élimination des paysans.

Les élus des autres syndicats agricoles (UDSEA* et Coordination Rurale), lorsqu'ils sont présents aux sessions de la chambre d'agriculture, contribuent à faire perdurer un système à bout de souffle. En effet, ils préfèrent privilégier les aides découplées (qui favorisent les plus gros et poussent à l'agrandissement) au détriment d'aides permettant un changement du modèle agricole (revalorisation des premiers hectares, aides à l'agriculture biologique, mesures agro-environnementales, etc.).

 

Les propositions de la Confédération paysanne de Touraine :

Face à ces constats, la Confédération paysanne se bat pour orienter le travail de la Chambre d'agriculture et les politiques agricoles vers une agriculture plus résiliente, plus autonome, plus diversifiée, créatrice d'emploi et de revenu. Afin de retrouver du sens à notre métier, l'humain doit être au coeur des fermes et l'agriculture doit répondre aux attentes sociétales.

Nous agissons auprès des élus locaux et des services de l'État pour répartir les aides publiques de façon plus juste, notamment par une dotation renforcée sur les premiers hectares, financée par une dégressivité et un plafonnement des aides par actif.

Nous revendiquons également des soutiens adaptés à la transition des systèmes agricoles vers une agriculture paysanne et la sortie des pesticides. Cette transition doit être soutenue par un accompagnement technique, un maintien de revenu pendant la transition et aussi au niveau de la recherche. C'est une urgence absolue pour l'environnement et la santé de tous·te·s (consommateurs, riverains mais aussi les paysans !).

Nous voulons une relocalisation de la production, tant par le développement des filières longues que des filières courtes, afin de créer de la valeur ajoutée sur les fermes et augmenter le revenu des paysans. Nous souhaitons des fermes à taille humaine nombreuses et diversifiées afin de maintenir des territoires ruraux dynamiques et vivants.

Enfin, pour préserver le foncier et lutter contre les agrandissements excessifs, la Confédération paysanne réaffirme la priorité à l'installation, la lutte contre l'artificialisation des terres et la remise en place d'un véritable contrôle des structures.

 

Les élections professionnelles agricoles, un moment clé

Les prochaines élections professionnelles agricoles, qui ont lieu tous les six ans, se dérouleront en janvier 2019. Les paysans et paysannes vont voter pour élire leurs représentant·es dans les Chambres d'agriculture départementales et régionales. Les domaines d'intervention de la Chambre d'agriculture départementale sont vastes : formations, accompagnement des collectivités, politiques foncières, politiques à l'installation… Les décisions qui s'y prennent dessinent donc le monde rural de demain.

Ces élections professionnelles déterminent également le poids de chaque syndicat pour peser dans les choix des politiques agricoles locales, nationales et européennes. En effet, les syndicats obtenant plus de 10 % lors de ces élections sont reconnus « représentatifs de la profession agricoles » et sont donc les interlocuteurs des services de l'État et des élus locaux pour les six années à venir.

Chaque chambre départementale compte un collège d'agriculteurs en activité de 18 sièges. Ce collège est élu avec un scrutin mixte : la liste majoritaire obtient la moitié des sièges et les sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. La liste ayant recueilli le plus de voix obtient neuf des sièges et les neuf sièges restant seront attribués à la représentation proportionnelle suivant la règle du plus fort reste. La Confédération paysanne regrette que le mode de scrutin ne permette toujours pas une représentation plus juste des agriculteurs, faute d'une vraie proportionnelle !

 

Concrètement : vous pourrez voter par voie électronique ou postale dès la réception du matériel de vote et jusqu'au 31 janvier.

 

* Composition d'une Chambre d'agriculture départementale à partir de 2019 :
Collège 1 : chefs d'exploitation et assimilés (18 sièges + 2 suppléants)
Collège 2 : propriétaires et usufruitiers (1 siège)
Collège 3a : salariés de la profession agricole (3 sièges)
Collège 3b : salariés des groupements professionnels agricoles (3 sièges)
Collège 4 : anciens exploitants et assimilés (1 siège + 1 suppléant)
Collège 5a : coopération agricoles de productions (1 siège)
Collège 5b : autres coopératives agricoles (3 sièges)
Collège 5c : caisses de Crédit agricole (1 siège)
Collège 5d : caisses d'assurances mutuelles agricoles (1 siège)
Collège 5e : syndicats agricoles (1 siège)

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